Matières

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Influencés par les « figures sonores » d’Ernest Chladni, Barbara Eliask et Gaspar Claus ont souhaité expérimenter ce que pourrait provoquer à l’intérieur du corps d’une danseuse des vibrations créées par un violoncelle. Sons et mouvements se construisent et se modifient ensemble, la proposition esthétique et l’écriture en sont le résultat.

Création 2015

Durée : 40 minutes

Conception : Barbara Eliask et Gaspar Claus
Chorégraphie et interprétation : Barbara Eliask
Création musique et interprétation : Gaspar Claus
Création lumière et régie : Matthieu Emielot

Collaboration Artistique : Marie-Cécile Paris

Préparation corporelle : Janet Amato

Production : TREMA
Coproduction : Abbaye royale de Saint-Riquier

Matières a été imaginé comme une collaboration artistique et humaine entre une danseuse et un violoncelliste sur le thème de la vibration.

Souhaitant que la création soit signée à quatre mains, Barbara Eliask a tout de suite pensé à Gaspar Claus, violoncelliste nourrissant une relation peu classique avec son violoncelle, qu’elle a connu à Paris en 2007.

« Partant du principe que notre corps est composé de 70% d’eau environ, et que l’eau est très sensible à la vibration, il m’a semblé intéressant d’explorer l’impact des vibrations produites par un violoncelle dans mon propre corps afin de créer des nouvelles formes de relation entre corps, son, mouvement et l’espace. L’idée est d’être à l’écoute de ce qui se passe à l’intérieur de mon corps pour faire que ce mouvement interne puisse se dilater et prendre une forme externe en réponse à la vibration. Avec Gaspar, il était question de travailler sur les fréquences sonores et les états de corps. Il s’agit, en principe, d’un travail intimiste et minimal dont l’objectif est également de faire sentir et réagir les corps des spectateurs. » Barbara Eliask

Les deux artistes ont donc exploré la circulation entre sons et mouvements, et leur transformation mutuelle.

Sons et mouvements se construisent et se modifient ensemble, la proposition esthétique et l’écriture en sont le résultat. La pièce est issue de la relation vivante entre les deux artistes et ce qui en sort est unique car appartenant à ces deux personnes et leurs univers.

« Le violoncelle est un objet de bois, de crins, de boyaux animaux, de métal que l’on fait entrer en vibration pour qu’en sorte de la musique.

Il y a des musiques faîtes de mélodies, de rythmes complexes, d’harmonies savantes. Il y a d’autres musiques qui se concentrent sur cette vibration, en explorent la texture et la structure profonde et la projette dans sa forme la plus brute dans l’espace.

On sait que le son, qui peut simplement être considéré comme une fréquence vibratoire (combien d’allers-retours/secondes fait ma corde pour jouer un Do grave), peut avoir une action sur l’organisation de ce qu’on appelle «l’infiniment petit », la structure moléculaire des êtres. Cela agît de manière très impressionnante sur des grains de sables posés sur un plateau de métal qui forme des dessins géométriques très précis, très réguliers, et extrêmement différents en fonction de la fréquence projetée sur eux.

On veut dans ce projet partir du principe que ces fréquences agissent aussi sur la structure moléculaire intime d’un corps humain, ici du corps d’une danseuse.
Mais ce ne sont pas simplement des fréquences froidement émises que nous verrons passer là. Elles émergeront du corps à table humaine d’un violoncelle fait de bois, de crins, de boyaux animaux, de métal.

Quel rapport verrons-nous s’établir entre ces deux corps, dans l’arène scénique, chacun avec leurs armes? L’un fait de vibration, l’autre de mouvements.

Quelle différence y a t’il entre un mouvement et une vibration?
C’est ce que nous avons exploré avec Barbara Eliask lors des résidences et représentations à venir, partant d’un corps vibrant, et d’un corps mouvant. » Gaspar Claus

Avec le Soutien de : DRAC Picardie au titre d’aide au projet, Conseil Régional de Picardie, SPEDIDAM, Studio 50 à Caen (accueil en résidence), Centre Chorégraphique National de Caen (hébergement), Abbaye royale de Saint Riquier – (accueil en résidence), Espace Culturel Picasso (création lumière), CND (mise à disposition de studio).

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